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La Guignolée
Ajouté le 11/24/2008 06:59:59 par lisejolin

Parmi toutes les coutumes canadiennes qui revêtent un sens humanitaire,  « la Guignolée » a résisté jusqu’à nos jours.

On situe cette coutume à l’époque des Druides, donc aux plus lointaines origines de la race celtique. Les Gaulois qui attribuaient une vertu miraculeuse au gui, en coupaient des branches au moyen d'une serpe d'or.  Vers le temps qui marque le déclin de notre année romaine, en décembre, ils  apportaient ces rameaux aux malades pour les guérir, aux mendiants et aux prisonniers pour les réconforter, aux soldats pour leur concilier la faveur des dieux de la guerre. Cette cueillette du gui se faisait sur les chênes des forêts sacrées de l'ancienne Gaule druidique.  

 

 

La Guignolée n’est pas une coutume canadienne.  Elle est apportée au Canada par  nos ancêtres de Normandie, du Poitou, de Saintonge, de partout où on courait la guignolée.  Au Québec, les premières guignolées ont  vraisemblablement, été organisées par la Société Saint-Vincent-de-Paul, vers 1861-62.

 

 

Cette coutume païenne est ensuite orientée à des fins charitables, et c'est ainsi que souvent, au Canada français, la guignolée est organisée par une institution de bienfaisance reconnue, la Société de Saint-Vincent de Paul.   Si on accorde l'initiative de la guignolée à la Saint-Vincent de Paul, il ne faut pas oublier la généreuse participation des membres de l'Association des "Voyageurs de Commerce" qui l’ont probablement popularisé ici au Québec.

 

 

Mais d’où vient que ce soit des commis-voyageurs qui aient été chargés de "courir" la guignolée ? À cette époque, le temps des fêtes représentait souvent une période creuse.  C’est alors que les commis voyageurs se sont présentés  volontaires pour faire revivre la coutume de la guignolée.  Les voyageurs de commerce étaient très appréciés en « guignoleux ».  Ils étaient habitués au public, ils débordaient de vitalité et d'enthousiasme. Leur réussite a donc fait de cette œuvre humanitaire une coutume à conserver pour notre folklore national.

 

 

Une fois leur tournée terminée, les guignoleux apportaient leur récolte dans un local, souvent un hangar , qui servait de centre de ralliement de l’organisation.   Une équipe se chargeait alors de compter l'argent ramassé, une autre évaluait le montant des viandes et des produits divers. 

 

 

Dès le lendemain, l’équipe organisait la distribution des produits de la quête. D’autres généreux volontaires s'offraient pour faire des paniers ou des "lots", contenant toutes les victuailles essentielles pour fêter convenablement Noel et le Jour de l'An. L’argent était distribué sous forme de bons valides dans les épiceries seulement.  Les marchands étaient avertis à l’avance de ne fournir que des denrées de première qualité. 

 

 

La Société de Saint-Vincent de Paul, étant étroitement impliquée dans la vie de la paroisse, connaissait ses pauvres. C’était , et c’est encore à cette organisation que revient la distribution des victuailles.

 

 

Dans nos campagnes, c’était toujours une quête pour les pauvres qu’on faisait, dans laquelle la pièce de choix était un morceau de l’échine du porc , avec la queue y tenant, qu’on appelait  « l’échignée ou la chignée. »  Les enfants criaient à l’avance en précédant le cortège.   On préparait alors sur une table, une collation pour ceux qui voulaient en profiter et les dons pour les pauvres.

 

 

Les guignoleux arrivés à une maison, battaient la mesure devant la porte avec de longs bâtons en chantant…

 

 

Bonjour le maître et la maîtresse

 

Et tous les gens de la maison

 

Nous avons fait une promesse

 

De v’nir vous voir une fois l’an.

 

Une fois l’an ce n’est pas grand’chose

 

Qu’un petit morceau de chignée…

 

 

 

(Chanson qu’on chantait encore au Canada, il y a quelques années, dans les paroisses du bas du fleuve)

 

 

 

 

Jamais ils ne pénétraient dans le logis avant que les maîtres de la maison ou leurs représentants, ne viennent les inviter è entrer.  On prenait quelque chose, on recevait les dons dans une poche qu’on allait vider dans une voiture qui suivait la troupe, puis on s’acheminait vers une autre maison, escortés de tous les enfants du voisinage.  La joie était grande et générale.

 

 

Malgré que le gouvernement a beaucoup amélioré les secours aux personnes nécessiteuses, l’aide apportée tarde souvent à venir.  La guignolée et la Saint Vincent-de-Paul répondent aux urgences de certains particuliers.    

 

 

Le Cercle de Fermière de Repentigny participe à tous les ans à une cueillette qui aide deux familles nécessiteuses.  La Société St-Vincent-de-Paul nous dit de quel ordre elles sont et seules les personnes qui livreront les paniers sont au courant de leur lieu de résidence. Il arrive parfois qu’une famille a des besoins temporaires comme un père de famille qui est sans emploi.

 

La guignolée est une coutume du temps des fêtes, que nous devrions essayer de conserver en lui gardant, dans la mesure du possible, tout son cachet d'antan.

 

 

 

 

Lise Jolin

 

 

Sources

 

 

http://www.uquebec.ca/~uss1083/ssvdp/Texte%20de%20source%20inconnue.pdf

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Guignolee

Mots-clés: Guignolée Coutume Aide St-Vincent-de-P Aul Voyageurs



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Visionner 1 - 1 de 1 Commentaires

De: lisejolin
11/26/2008 07:07:39

Merci Diane de le mentionner.  


 


Outre les denrées non périssables, peut-être  faire un don en argent, l'équivalent d'un petit gratteux ou d'un paquet de cigarettes ...  


 


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