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Les cerises sauvages, 1955
Ajouté le 09/08/2008 10:11:14 par lisejolin

Saint-Vincent-de-Paul 1955, mon grand-père maternel, Adonias Bélisle, vient souvent ramasser des cerises et des raisins sauvages pour faire du vin.  Mon frère, mes sœurs et moi allons dans le bois pour l’accompagner. Pendant que Roger et Thérèse grimpent aux arbres pour cueillir les cerises sauvages, Gisèle et moi ramassons les fruits qui sont le plus bas dans les arbres.

 

 

Lors de notre retour, une de ces après-midi de cueillette, nous mangeons tous de ces délicieuses petites cerises.  Nous les enfants, nous nous amusons à recracher les noyaux le plus loin que nous pouvons. Ça devient un jeu.  Maman  (Marie-Jeanne Bélisle), elle, a l’habitude d’avaler les noyaux.

 

 

Quelques heures seulement après avoir déguster des cerises, maman commence à avoir mal au ventre. « Je n’aurais pas dû avaler tous ces noyaux.  Il faudrait bien que je change mes habitudes. Je suis certaine que c’est ça qui me donne ce mal de ventre.»

 

 

Papa (Rosario  Jolin) appelle le pharmacien pour lui demander conseil.  Ce dernier envoie à la maison des lavements mais rien ne fonctionne.  Maman a de plus en plus mal.  Ce n’est pas normal, le pharmacien lui conseille alors  d’appeler son médecin.  Nous n’arrivons pas à rejoindre le docteur Delorme, notre médecin de famille.  Un médecin de remplacement vient alors à la maison pour examiner maman. « C’est une indigestion aiguë », dit-il.   Le docteur Delorme arrive peu après le départ de son confrère. « Ce n’est pas une indigestion. Vite, il faut l’hospitaliser. »

 

 

Maman est donc transportée d’urgence à l’hôpital St-Luc à Montréal. Après plusieurs examens, le verdict est rendu : « Votre femme a les intestins noués et perforés à deux places. Je ne vous cacherez pas que c’est une opération très sérieuse. On en réchappe seulement une personne sur mille. »  Peu avant l’opération, tante Reina (Léo Bélisle) et tante Hélène (Léopold Bélisle) recommandent à papa de faire transférer maman à l’hôpital Notre-Dame. Après consultation, le médecin confirme à papa : « Si vous transférez votre femme, elle aura le temps de mourir avant que les examens soient repris. » Maman est donc opérée à l’hôpital St-Luc, coin Dorchester (auj. René-Lévesque) et St-Denis, à Montréal.

 

 

Pendant son hospitalisation, tante Marie-Rose (Georges Forest) m’a prise chez elle et grand-papa garde Roger et Thérèse.  Gisèle a 16 ans et a un premier emploi.   Alors qu’elle se rend à l’hôpital pour visiter maman, elle a la peur de sa vie. Aux alentours du carré Viger, elle se fait suivre par un homme mais papa arrive à temps.

 

 

À son réveil après l’opération, maman a un grand sourire. « J’ai promené la Sainte-Vierge en carosse » dit-elle à tante Marie-Rose.  Tante Gracia (Sœur Marie-Pierre-Amédée) qui est aussi présente s’empresse de lui dire « ne dis pas ça.»  Je n’ai jamais compris pourquoi tante Gracia voulait étouffer les paroles de maman, ce n’était pourtant pas dans ses habitudes.  En février dernier, j’ai justement pensé à cette anecdote de maman lorsque les infirmiers m’ont amenée à la salle d’opération pour mon poignet. J’avais le fou rire, ils ont dû me prendre pour une folle.

 

 

La maison familiale est encore sur les colombages et très grande. Le retour à la maison pour maman ne se fera pas sans aide. Papa demande à Gisèle d’arrêter de travailler à l’extérieur pour rester avec elle.  Il faut vendre la maison pour payer la note du médecin et de l’hôpital.   Vous savez comme moi que dans les années 1950, on doit payer les visites du médecin à domicile comme les séjours à l’hôpital. C’est  la raison principale pourquoi le pharmacien est souvent appelé en premier.  Oups! Je viens de comprendre pourquoi il ne restait presque plus d’argent après la vente de la maison familiale à St-Vincent-de-Paul. Il restait de quoi se payer seulement les meubles essentiels.

 

 

C’est la deuxième fois que ma mère risquait de mourir depuis ma naissance.  La première fois, j’avais trois mois. Elle avait un fibrome qui aurait pu devenir cancéreux s’il n’avait pas été enlevé. 

 

Merci mon Dieu de faire à ce qu’elle ait été la « unième » à être sauver. Maman était beaucoup trop jeune pour mourir à 39 ans.

 

 

 

 

Lise Jolin

 

(Souvenirs de famille)

Mots-clés: Jeanne Bélisle Cerise Opération St-Luc 1955



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Visionner 1 - 1 de 1 Commentaires

De: lisetherrien
09/13/2008 00:05:54
Et que dire des cerises recouvertes d'eau et de sel  que l'on laissait tremper toute une nuit dans un pot de confiture  et que l'on dégustait que le lendemain. je ne sais pas si c'est encore une coutume à Louiseville et Maskinongé de vendre des cerises sauvages au temps de la récolte sur des petits présentoirs le long de la route comme j'ai eu connaissance vers 1974.....mes enfants étaient bien heureux ce jour-là






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